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Bilan lecture - Août 2023

Avec août s'est terminé l'épisode 3 de mon défi de lecture de Pile à Lire! Je suis ravie d'avoir éclusé un bon nombre de titres, même si j'en ai racheté dans l'intervalle. En juillet, j'avais fait le plein de livres numériques suite à des promos, donc j'ai fait chauffer la liseuse au mois d'août, d'où la photo de groupe un peu vide en avant de cet article.


Sororité, ouvrage collectif dirigé par Chloé Delaume · 2021


Sororité. Ce doux mot qui se construit par nécessité contre celui de fraternité qui orne les frontons des mairies de France. La notion est ici interrogée par 15 femmes de lettres francophones à travers des essais, quelques textes poétiques et un dialogue fictif. Elle est définie, questionnée, brandie, revendiquée, sous toutes ses formes et par toute la diversité des voix qu’elle renferme. Il serait bien difficile de résumer des contributions aussi variées que celles qui composent ce recueil. Elles sont nées de la colère, de la tristesse et de la souffrance, mais dessinent les contours d’un mouvement de joie et de fierté.


Le livre est ouvert à la page de titre où sont listées toutes les autrices. Un brin de roses séchées est posé sur la page, et un tissu à motifs aux tons chauds occupe l’arrière-plan.

Meliora, Talli L. Morgan · 2022


Êtes-vous en manque d’une romance de fantasy ultra mignonne et douillette? Je ne pensais pas l’être, en tout cas pour la partie romance, mais ce livre s’est révélé être un régal.


Winter, notre protagoniste, débute un nouvel emploi en tant que boulanger-pâtissier du Palais d’été, résidence de la famille royale. Lors de sa première nuit, il se retrouve à aider un inconnu qui se vide de son sang dans le couloir - et qui s’avère être le Prince Arturo en personne. Très vite, les deux développent une amitié qui fait fi de leurs classes sociales. Quand Arturo emmène Winter en voyage pour trouver un remède destiné à la sœur de Winter, ils imaginent un scénario rocambolesque… Mais serait-ce si rocambolesque que les sentiments d’Arturo et Winter évoluent vers autre chose que l’amitié?


Je me débattais avec mon stress quand j’ai commencé ce livre, et laissez-moi vous dire que je me suis retranchée dans le monde d’Arturo et Winter comme dans une bulle d’oxygène. Leur histoire est mignonne et touchante, un peu absurde, oui, mais elle n’évite pas les questions importantes, comme par exemple celle du privilège, étant donné que l’un des deux personnages est membre de la famille royale. L’histoire est très très queer mais ce n’est jamais un élément de l’intrigue, et j’ai adoré comme tout était amené de manière fluide. Alors certes, le mélange d’un monde pré-industriel et de la modernité des situations et du langage était parfois un peu étrange, mais c’était si réconfortant de visiter un monde où l’on peut parler de café, d’identité de genre et de magie tout à la fois. Les enjeux tout doux ont apaisé mon coeur stressé. Je ne l’ai pas encore lu, mais je suis sûre que Meliora plairait aux fans de Legends & Lattes.


Rep : personnage non-binaire anxieux, personnage trans, personnages sapphiques.


AC : anxiété et attaques de panique, mentions d’alcoolisme et de dysphorie de genre.


Une main blanche tient une liseuse affichant la couverture du livre devant un buisson à feuilles sombres et fleurs roses. La couverture montre deux personnages allongés dans une clairière, avec le titre écrit en blanc par-dessus.

Mosses from an Old Manse, and other stories, Nathaniel Hawthorne · 1846


Voici un recueil de nouvelles, la plupart fantastiques, avec quelques-unes penchant du côté de la philosophie ou de l’humour. Il m’a été recommandé il y a si longtemps que j’ai oublié de qui venait la recommandation et sur quels facteurs elle reposait. J’ai cependant été agréablement surprise de découvrir dans le sommaire la nouvelle “Rapaccini's Daughter” dont j’avais entendu parler sans savoir qu’elle était de cet auteur.


Les premières nouvelles traitent largement du thème de la beauté dans un univers gothique. Bien qu'elles mettent en scène un grand nombre de femmes qui meurent, ce qui m'a fait lever les yeux au ciel, j'ai apprécié les concepts uniques qu'elles développaient. Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de littérature du 19e siècle donc il m'a fallu un moment pour m'habituer au style, mais après tout s'est bien passé. Deux ou trois nouvelles sont passé loin au-dessus de ma tête parce qu'elles nécessitaient de connaître d'autres œuvres qui m'étaient inconnues, mais toutes les autres étaient compréhensibles et assez amusantes. Ma préférée mettait en scène une vieille sorcière et son épouvantail, et je suis prête à parier qu'elle a inspiré Diana Wynne Jones pour Le Château de Hurle. Si vous êtes disposé.e.s à passer outre les valeurs dépassées du 19e siècle, je recommande cet excellent exemple de nouvelles fantastiques.


AC : sexisme, racisme, mort.


Une liseuse montrant la couverture du livre est adossée à une pile de livres dont seule la gouttière est visible.

L'Embellie, Auður Ava Ólafsdóttir · 2004 (2012)


On est en novembre, en Islande, non loin du jour le plus court de l’année. La narratrice est décidée à rompre avec son amant, mais c’est lui qui la quitte le premier, puis son mari. Elle est suffisamment détachée de lui pour ne pas ressentir une peine immodérée. C’est alors qu’elle gagne successivement deux loteries et se trouve avec un chalet et beaucoup d’argent. Quand sa meilleure amie, confinée à l’hôpital jusqu’à son accouchement, confie à la narratrice son garçon de quatre ans, cette dernière décide de partir faire le tour de l’île avec lui. Qui sait? Peut-être que la réponse à toutes ses questions - et celles de l’enfant - se trouve de l’autre côté de l’Islande.


Voici le troisième livre de cette autrice que je lis. Sa prose me charme par la tendresse qui s’en dégage et le mélange de quotidien et d’inattendu qui peuple ses romans. Elle a le chic pour rendre extraordinaires les moments les plus banals. Cette fois-ci, j’ai été un peu moins charmée. Je n’étais peut-être pas dans le bon état d’esprit, ou bien c’est l’insistance un peu plus marquée que d’habitude sur la vie sexuelle de l’héroïne et le leitmotiv des animaux morts, qui m’ont empêchée de vraiment me détendre et de profiter du voyage. Je recommande en priorité Rosa Candida et Miss Islande, mais L’Embellie n’est en aucun cas un mauvais roman.


AC : morts d’animaux, infidélité.


Marie, une personne aux cheveux courts et bruns et portant des lunettes, se cache derrière le livre dont la couverture est ornée d’un motif géométrique rouge foncé.


The Tea Dragon Festival, Kay O’Neill · 2021


Les dragons-thé sont de retour pour un deuxième tome tout aussi réconfortant que le premier! Dans cette suite du Cercle du Dragon-thé, qui se déroule en réalité avant le premier, on suit Rinn, dont le rôle est de récolter des ressources pour le village dans la forêt. Un jour, Rinn découvre les ruines d’un bâtiment et réveille un dragon, mais ce n’est pas un dragon-thé.


Cette bande-dessinée est si mignonne et charmante! C’est l’échappatoire parfaite après un jour stressant. Les couleurs sont douces et harmonieuses, tout comme l’histoire. Celle-ci se concentre moins sur les dragons-thé que l’épisode précédent, mais aborde des thèmes d’appartenance, de chez-soi, et de détachement qui sont très touchants. Kay O’Neill a travaillé ce récit en toute inclusivité et diversité, avec un cœur immense. Je ne sais pas quoi ajouter, si ce n’est que ces livres sont des bijoux et que si je pouvais choisir un monde imaginaire à visiter, ce serait probablement celui-là.


Rep : les personnages ne sont pas genrés. Ils sont d’origine ethnique variée et l’un d’entre eux est sourd, ce qui entraîne l’usage du langage des signes par tout le monde en plus de la voix.


AC : très brève scène de combat.


Une main blanche tient un exemplaire du livre devant un buisson sombre. La couverture montre une personne à la peau noire portant un chapeau, qui regarde dans les yeux un dragon, le tout dans une clairière fleurie.

L’Affaire Circé, Adrien Tomas · 2023


(Livre envoyé via NetGalley par l’éditeur en échange d’un avis honnête)


La lieutenant de police Tia Morcese profite d’un répit bienvenu après une affaire difficile, quand le monde est secoué par des attentats visant des lieux magiques de haute importance. Le Voile, cette séparation ténue entre le monde magique et le monde des humains, est à nouveau sur le point de se déchirer, et la famille de Tia est à nouveau au cœur des problèmes. Sa petite sœur Mona essaie de reprendre une vie de lycéenne sans encombre, quand l’arrivée d’un nouvel élève lui fait ressentir toutes sortes de troubles, dont certains ne sont peut-être pas étrangers à l’affaire qui occupe toute la famille. Dans un Paris où les créatures sont cachées aux yeux de tous, la famille Morcese est mise à rude épreuve. Il va lui falloir trouver des alliés dans des recoins imprévus.


Ce roman, le deuxième tome des Dossiers du Voile, m’a embarqué dès ses premières pages, et ce, même si je n’avais pas lu le premier. Les évènements essentiels sont rappelés succinctement dans les premiers chapitres, afin de pouvoir profiter au mieux des aventures des sœurs Morcese. L’action est palpitante, les personnages rivalisent de répartie, et des figures connues des folklores européen, slave et asiatique sont de la partie pour assurer le dépaysement au sein même des paysages familiers de Paris et du Nord de la France. J’ai passé un excellent moment avec ce roman, dont la touche queer m’a particulièrement plue. J’ai sûrement raté quelques Easter eggs, mais celui que j’ai repéré m’a fait rire.


Après avoir lu Vaisseau d’Arcane, un roman de steampunk adulte du même auteur, je suis ravie de le découvrir dans un registre un peu plus ado (à la frontière avec l’adulte) et dans le genre de l’urban fantasy.


L’Affaire Circé sort le 15 septembre prochain et je le recommande!


AC : violence, kidnapping, blessure dûe à un incendie, brève description d’une crise de panique.


une liseuse montrant la couverture du livre, dans des tons ocres, est posée sur un tronc devant un mur de lierre.


Citadins de demain, Claire Duvivier · 2021


(Livre envoyé via NetGalley par l’éditeur en échange d’un avis honnête)


Une cité de commerce florissant dont les ouvriers sont au bord de la révolte, un jeune homme et une jeune femme issus de la noblesse et leur ami roturier, des tractations et quelques artefacts mystérieux, voilà les ingrédients du premier tome de la trilogie Capitale du Nord de Claire Duvivier. L’autrice nous fait découvrir la ville de Dehaven, dont l’importance prend parfois le pas sur les personnages principaux. Je dois dire que les (més)aventures des trois citoyens ne m’ont que moyennement intéressée : j’étais bien plus captivée par la manière dont ils se font le reflet de la ville tout entière. Celle-ci, largement inspirée de l’Amsterdam du 18e siècle, offre un pendant passionnant à Gémina, la Capitale du Sud que nous fait explorer Guillaume Chamanadjian dans sa trilogie parallèle qui se déroule dans le même monde. J’aime les liens qui se tissent entre les deux œuvres, même si je dois dire que j’ai de loin préféré la seconde. Les rues tortueuses et ensoleillées de Gémina, parfumées par les petits plats du traiteur Saint-Sauveur, m’ont plus captivée que les péripéties un peu froides du roman de Claire Duvivier, qui se lit comme un bon roman du 19e jusqu’à la prose minutieusement ouvragée. La fin a trop détonné pour que je me laisse prendre au jeu, et je l’ai trouvé bien trop brusque, même si la touche fantastique qui s’était déployée dans la deuxième moitié du roman avait ravivé mon intérêt. C’est donc une lecture en demi-teinte, mais dont je ressors satisfaite car ce roman m’intriguait depuis longtemps. Je n’hésiterai pas à le recommander même si je ne suis pas tombée sous son charme.


AC: classisme, colonisation, bref épisode de violence.


Une liseuse montrant la couverture illustrée du roman est posée sur une pile de livres anciens, eux-mêmes sur une table avec un brin de rose séchée à côté, le tout devant un fond de tissu à motifs.

Mindtouch, M.C.A. Hogarth · 2013


C’est le début d’une nouvelle année scolaire à l’université intergalactique, et les étudiant.e.s, revenu.e.s ou nouvellement arrivé.e.s, se préparent à un nouveau semestre. Jahir est de la seconde catégorie. Son allure inhabituelle attire l’attention, car il est le premier de son espèce à quitter sa planète natale depuis bien longtemps. Ses débuts ne sont pas des plus faciles car sa physiologie requiert une chambre seul, mais il ne reste que des colocations de disponibles. Arrive Vasiht'h, deuxième année, dont le colocataire vient de partir. Il invite Jahir et les deux entament une amitié timide mais solide. A mesure que l’année avance, les deux étudiants partagent de nombreuses activités, des plus légères aux plus profondes, notamment des visites à l’hôpital pour enfants. Côte à côte, ils tracent le chemin de leurs études jusqu’au jour où ces chemins devront peut-être se séparer.


Ce roman de science fantasy douillet était assez charmant. Malgré une scène d’ouverture assez étrange, les deux protagonistes sont attachants, bourrés de gentillesse et de respect pour les gens autour d’eux. On alterne entre leurs deux points de vue, on apprend à les connaître et on voit le lien qui se forme entre eux gagner en solidité. Ce roman est un beau portrait d’une relation queerplatonique.


Je n’étais cependant pas toujours à l’aise pendant ma lecture, à cause de quelques petits détails ici et là qui m’ont troublée. Pour un univers où se trouvent tant d’espèces différentes, j’ai trouvé que les modes de pensée étaient très binaires et partaient souvent du point de vue humain même quand selon moi cela n’avait pas trop de sens. La représentation aro/ace était évidemment la bienvenue, mais cette caractéristique est expliquée comme venant d’une manipulation génétique pour réduire les hormones des créatures, et je trouve triste que cette orientation sexuelle soit à nouveau considérée comme un manque alors que c’est tout sauf cela. Ce genre d’inconfort de ma part aurait été évacué si d’autres personnages queers avaient été présents, mais ce n’était pas le cas. Certes, j’étais aussi méfiante car j’étais allée voir le compte twitter de l’autrice quand elle avait offert ce livre et je n’étais pas du tout d’accord avec certaines de ses affirmations, donc je n’étais pas dans une disposition mentale des plus favorables. Cependant, il ne sera pas dit que j’ai échoué à mon défi de lecture de PàL, donc j’ai essayé ce livre et j’en suis globalement satisfaite. Je le recommande si vous êtes à l’aise avec de nombreuses scènes dans un hôpital pour enfants.


Rep : personnage aro/ace.


AC : contenu médical, mort d’un enfant, mentions de xénophobie.


Une liseuse montrant la couverture du livre où se trouvent les deux personnages devant une arche décorative, est posée sur un tapis beige à motifs rouges et bleus.


Brume, tome 1, Jérôme Pelissier et Carine Hinder · 2023


Brume est une petite fille qui promène son caractère bien trempé dans les rues de son village. Elle vénère le souvenir de Naïa, la sorcière locale, jusqu'au jour où son père lui remet un véritable grimoire. Les aventures ne font que commencer !


Cette BD jeunesse allie un dessin ravissant à des personnages très complémentaires et attachants. J'ai adoré chaque page, allant jusqu'à m'esclaffer en lisant quelques répliques bien senties. Mention spéciale à Hubert, le cochon un peu trop malin pour son bien.


Le livre, montrant Brume devant un grand dragon bleu, est posé sur un tapis beige à motifs bleus et rouges.

Say I Boo, Morgan Spellman · 2023


(Roman envoyé par l'autrice)


Abby est prestidigitatrice à temps partiel : elle manipule son public pour lui faire croire à la magie tout en combattant ses propres fantômes. Quand son meilleur ami David l’appelle à l’aide et que les deux se trouvent coincés dans un manoir en pleine tempête de neige, bien que le décor y soit propice, Abby n’est pas prête à ce que les fantômes deviennent bien réels. Pourtant, il n’ont d’autre choix que d’y croire et de découvrir qui cherche à assassiner leur hôte avant que le mariage de la sœur de David ne se transforme en funérailles.


Ce livre est un des premiers “cosy mysteries” que je lis et j’ai passé un excellent moment! J’ai adoré l’écriture enlevée des personnages, avec leurs personnalités nuancées et un bon équilibre entre amitié et conflits. L’un de mes tropes favoris en littérature est celui qui fait de la maison un personnage, et je l’ai ressenti ici, avec le manoir qui ajoute du caractère au récit. A mesure que les protagonistes se débattent avec des phénomènes paranormaux, j’ai apprécié l’équilibre entre humour et profondeur, le deuil étant l’un des thèmes principaux.


Je dois admettre que je suis un peu méfiante envers les livres auto-publiés, mais celui-ci est parfaitement achevé et édité. Il serait parfait pour une après-midi d’hiver avec une tasse de thé ou de chocolat à portée de main. Assurez-vous également d’avoir un snack salé, si possible un “salt water taffy”, et vous me remercierez plus tard.


Cerise sur le gâteau (de mariage), la couverture de Holly Dunn! Je trouve qu’elle saisit à merveille l’atmosphère de ce roman.


Rep : héroïne juive et lesbienne, personnages secondaires noirs, gays et lesbiens.


AC : incendie, deuil.


Une main blanche tient une liseuse devant un mur envahi par la vigne. La couverture montre les personnages sur un fond à motif de houx.


Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal · 2018


Paula, Jonas et Kate se rencontrent à l’Institut de peinture de Bruxelles. Là-bas, ils apprennent l’art subtil de la peinture d’illusion. Chêne, marbre, écaille… Sous leurs pinceaux, les surfaces se métamorphosent. En quelques mois, Paula acquiert des techniques qui la mènent de Russie en Italie, perfectionnant son art au fil des commandes jusqu’à ce que nature et création se confondent.


Les romans de Maylis de Kerangal ne ressemblent à aucun autre. Dès les premières lignes, on reconnaît ses phrases sans fin, chaloupées par des virgules qui donnent parfois le tournis. La langue est au cœur de l’histoire, et encore plus quand le récit, comme ici, parle d’art et d’illusion. Dans ce roman tactile, les surfaces en disent plus long que les profondeurs et l’on se plaît à explorer les couches successives qui composent les personnages tout autant que leurs créations.


Le livre est posé sur une balustrade, devant un mur où sont accrochés des tableaux à l’huile.

Shadow Speaker, Nnedi Okorafor · 2007 (2023)


(Livre envoyé via NetGalley par l’éditeur en échange d’un avis honnête)


Nigéria, dans un futur proche. Une guerre mondiale récente a affecté la terre et ses habitants de manière inattendue. Ejii est une enfant de ce nouveau monde, une “shadow speaker” : elle peut sentir et entendre les ombres autour d’elle. À cause de cette capacité, les gens la considèrent comme une menace, y compris son père, un homme cruel. Quand ce dernier est tué par la célèbre Jaa en visite dans son village, la jeune fille pense que la situation ne peut que s’améliorer, mais les années qui suivent démentent cette impression, jusqu’au jour où le destin, ou une autre force, lui donne l’occasion de se venger.


Quand j’ai vu un nouveau titre de Nnedi Okorafor sur NetGalley, j’ai bondi. Sa trilogie Binti m’a permis de redécouvrir la SF et m’a encouragée à y chercher des livres à mon goût, dans ce genre dont je me méfiais. En réalité, Shadow Speaker n’est pas une nouvelle sortie car il a d’abord été publié en 2007 et était alors le premier roman ado de l’autrice, mais il était épuisé depuis un moment. La version 2023 est “étendue” et bénéficie d’une nouvelle introduction.


Ce que j’ai trouvé le plus fascinant dans ce livre, c’est combien d’éléments qui rendaient Binti si divertissant étaient déjà en germe dans ce roman. On y trouve un super world-building, dans ce Nigéria afrofuturiste et de potentielles autres planètes, un personnage principal au caractère marqué mais capable de bienveillance, des thèmes comme la famille, l’identité, le déracinement, des discussions autour de la politique et de ce qui est juste, etc. J’ai trouvé que ce roman n’était pas aussi prenant que Binti, mais c’est sûrement parce que j’ai lu ce dernier en premier. Shadow Speaker reste une très bonne introduction à la prose de Nnedi Okorafor (et est plus adapté à un public ado), même si je considère que Binti est plus abouti.


Une dernière note : il faut dire que j’ai lu ce livre dans un état de stress avancé donc mon expérience ne lui a pas forcément rendu justice.


Rep : héroïne noire et musulmane.


CW : mort d’un animal, esclavage d’enfants, mention de la mort d’un enfant.


Une liseuse montrant la couverture du livre, où figure le portrait de l’héroïne, est entouré de feuilles mortes automnales.

 

Pour des avis plus fréquents sur mes lectures, je vous invite à aller faire un tour sur mon compte Instagram (il n’est pas obligatoire de s’inscrire) : https://www.instagram.com/mariebrunelm/.


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