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Bilan lecture - Septembre 2023

Septembre est passé à toute vitesse, notamment parce que j'avais deux évènements très chouettes mais stressants à leur manière, et qui ont impliqué de voyager. Contrairement à mes habitudes, je n'ai presque pas ouvert un livre pendant les deux, ce qui a retiré une dizaine de jours de lecture au total. Il y a donc moins de livres que d'habitude dans ce bilan, mais cela correspond en réalité à ma moyenne d'il y a quelques années, d'autant plus que deux d'entre eux sont de gros pavés.


The Wise Man’s Fear, Patrick Rothfuss · 2011


Avis garanti sans synopsis ni duvulgâchage.


Est-ce que je peux admettre que vers la fin de ce livre je me suis demandée ce qui s’était passé pendant les 90% précédents pour justifier une telle longueur? Je veux dire… Je suis pour les livres qui prennent leur temps. Je n’ai pas besoin d’une tonne d’action, je me nourris de prose et d’ambiance. Et Patrick Rothfuss fournit exactement ça, ce qui explique pourquoi j’ai fini son roman. Mais est-ce que j’ai ressenti de l’empathie pour le protagoniste pendant les 1100 pages de ses aventures? Non. Est-ce que j’ai cru qu’il avait pu dicter ces 1100 pages en une journée comme il est censé le faire? Certainement pas. Allons, Patrick, le livre audio compte 42 HEURES. Est-ce que le fait que le nombre de personnages féminins soit passé de 1 à quelques-unes dans ce tome 2 rend les choses moins problématiques? Je n”en suis pas entièrement sûre.


Lecteurs et lectrices, je nage dans la confusion. Je ne sais pas quoi penser à par que c’était *très* long. Ce qui est sûr, c’est que je suis bien contente d’avoir lu le livre qui traînait sur ma PàL depuis le plus longtemps (on parle d’au moins 6 ans, peut-être plus)!


Le livre est posé sur une table en bois près d’un bouquet de fleurs séchées, avec un tissu à motifs à l’arrière-plan.

Emblèmes, Ina Siel · 2023


Merci à la maison d'édition pour l'envoi de ce livre en avant-première!


Érèbe et Cécilie, nés chacun.e d'un côté de la ligne ténue qui sépare l'aristocratie du reste de la société, n'ont pas de raison de se rencontrer. Si ce n'est que Cécilie cherche un mari privilégié qui accepte de partager son statut avec elle, lui permettant ainsi de fuir un monde profondément sexiste, et que Érèbe voit en elle l'opportunité de se faire une place dans cette société où lui aussi est mis de côté. Sa fascination pour les squelettes et les cauchemars qui le hantent ont fait de lui un paria, si bien qu'il ne s'autorise pas à croire à la bonne volonté de Cécilie. Mais de son côté, Cécilie est-elle prête à payer le prix d'un mariage arrangé pour fuir vers les îles voisines où elle espère entrer à l'université et assouvir sa soif de savoir ?


J'ai passé un excellent moment avec ces deux personnages complexes et attachants, loin d'être parfaits. La dynamique entre elleux était nuancée et s'affranchissait des clichés qui auraient pu naître de leur relation. J'ai aimé découvrir les surprises que recelait ce monde en trois parties, avec d'une part Naturalia, continent perclus de préjugés mais au charme presque steampunk, d'autre part les horizons de modernité incarnés par les îles de la Scientifica, et enfin les étendues hostiles d'Exotica. La représentation du handicap m'a parue pleine de justesse, et j'ai apprécié la fluidité avec laquelle elle se mêlait au récit.

Tout semblait considéré avec le plus grand soin par l'autrice dans ce roman qui utilise des ressorts classiques (sexisme) mais prend des directions inattendues et laisse sur un suspense qui va faire paraître le temps long avant le tome 2.


CW : mort d'animaux, crises de panique, sexisme, classisme, validisme.


Le livre est posé sur la racine énorme d’une vigne grimpant le long d’un mur de pierre.

L'Énergie du désespoir, Adrien Tomas · 2023


Le long de la Gaste Cordillère et de sa tourmente de neige, le trio improbable formé de la chasseresse Kimba, de l'aristocrate Vezzere et de l'automate Pygonus chasse les pixies. Leur énergie magique maintient un équilibre particulièrement instable depuis que la Cité des Rouages a été victime d'une série d'attentats, et le prix pour des pixies sauvages assurerait à Kimba une vie à l'abri du besoin. Mais si la chasse était une partie de plaisir, les candidats seraient bien plus nombreux…


Dans cette nouvelle discrètement rattachée à l'univers de la série Vaisseau d'Arcane, il n'y a pas de temps mort, que ce soit les dialogues explosifs entre les personnages, ou les péripéties non moins explosives qui les attendent sur leur route. L'univers demande quelques pages pour être parfaitement saisi, mais l'action est suffisamment concentrée sur le petit groupe et sa mission pour que la nouvelle se suffise à elle-même. Un début en fanfare pour mon abonnement à Chronopages, le projet des éditions 1115 qui envoient une nouvelle par mois aux contributeurices dans leurs boîtes aux lettres.


Rep : PP noire et racisée.


CW : racisme, esclavagisme, génocide.


le petit livret de la nouvelle est posé contre une pile de livres dont seule la gouttière est visible.

Julia and the Shark, Kiran Millwood Hargrave et Tom de Freston · 2021


C’est l’été ; Julia et ses parents sont en chemin pour de petites îles, à peine quelques grains de poussière sur la carte du nord de l’Ecosse. Son père est chargé de réparer le phare et de l’automatiser, tandis que sa mère prévoit de débusquer un requin qui pourrait détenir la réponse à de nombreuses questions. Cela laisse Julia avec beaucoup de temps libre, et beaucoup de questions bien à elle. Cela s’annonce comme un été à trouver, à perdre et à explorer des profondeurs comme des hauteurs.


Voici un nouveau, superbe exemple de littérature jeunesse exécutée à merveille. Ce livre est léger et profond à la fois. Il traite de sujets graves de la manière la plus accessible possible, incorpore de la poésie et mêle à la narration de magnifiques illustrations à la frontière de l’abstraction. L’autrice ne prend jamais les enfants de haut, tout en accueillant les adultes, et je ne sais pas comment elle s’y prend mais j’ai le respect le plus intense pour la créativité et le travail de Kiran Millwood Hargrave. Pour être honnête, j’aurais sûrement plus de choses à dire si j’avais trouvé des défauts à ce livre, mais je l’ai trouvé parfait et je me trouve toujours à court de mots pour parler de livres aussi aboutis. Les mots sont dans le livre. Allez les lire, s’il-vous-plaît.


AC : harcèlement, mention d’une tentative de suicide, santé mentale.


Le livre est ouvert à la page de titre, dans un rayon de soleil. Le titre est écrit en jaune et entouré de dessins d’une petite fille, d’un requin et d’oiseaux.


The Corset and the Jellyfish, Nick Bantock · 2023


Livre envoyé par l’éditeur via NetGalley.


Cette curieuse petite collection rassemble 100 textes de micro-fiction assortis de 100 dessins de l’auteur. La plupart penchent du côté de l’absurde et du fantastique, en maintenant ce format à déguster de cent mots par histoire.


La préface invite le lectorat à sélectionner un mot par histoire pour en composer une cent-unième, initiative que je trouve merveilleuse mais à laquelle je ne me suis pas prêtée car c’est plus facile avec un livre physique que numérique. C’est un volume qui se prête au feuilletage et au piochage. Je ne doute pas qu’il inspire des auteurices à écrire leurs propres micro-fictions, ou à broder autour d’une histoire pour en tirer un texte plus long!


Une liseuse montrant la couverture du livre à côté d’un bouquet de fleurs fraîches, en fleurs et en boutons.

Le Silmarillion, J.R.R. et Christopher Tolkien, traduit par Daniel Lauzon · 1977-2021


Le Silmarillion, compilation de légendes de la Terre du Milieu publiée par les soins de Christopher Tolkien peu de temps après la mort de son père, avait été traduit rapidement en France. La première version, par Pierre Alien (traducteur de classiques de la littérature anglaise) avait cependant souffert du manque d'intérêt de son traducteur et de son manque de connaissance de légendaire (ce qui n’était pas de sa faute). Son existence était précieuse, mais il était temps que Le Silmarillion soit proposé au lectorat français dans une forme plus respectueuse de l'original, ce qu'a permis Daniel Lauzon, grand connaisseur de l'œuvre des Tolkien et fin poète. Sa traduction, publiée en 2021 avec les illustrations de Ted Nasmith, restitue la majesté du texte original et toute la profondeur de cette entreprise littéraire commencée dans les années 1910 par J.R.R. Tolkien. Le français n'a pas toujours la flexibilité de l'anglais, si bien que le vocabulaire de Lauzon ne restitue pas toujours, à mon sens, la digne simplicité de l'original, mais il fait sentir tout le souffle épique et la subtilité qui traversent ce récit.


Le livre, dans un rai de lumière, se tient debout au bord d’une étagère de bibliothèque.


 

Pour des avis plus fréquents sur mes lectures, je vous invite à aller faire un tour sur mon compte Instagram (il n’est pas obligatoire de s’inscrire) : https://www.instagram.com/mariebrunelm/.


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