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Bilan lecture - Décembre 2023

Dernière mise à jour : 31 déc. 2023

Voici venu le temps du dernier bilan lecture de 2023. J'ai passé un excellent mois de lecture, avec pas mal de formats courts, et quelques lectures pour des amies autrices que je ne partagerai pas ici. J'arrive à terminer 2023 avec un chariot à livres toujours complet, mais sans volumes empilés par-dessus les rangées... Trouvons les victoires là où elles sont.


Kaikeyi, Vaishnavi Patel · 2022


Avant l’histoire de Rama contée dans le Ramayana, il y avait Kaikeyi, une princesse abandonnée par les dieux qui trouve son propre pouvoir et l’utilise pour sauver sa famille.


Ce roman imagine un portrait tout en nuances d’un personnage souvent relégué au rôle de la méchante belle-mère. Mais quelles étaient ses motivations? Quelle était son histoire avant Rama?


Vaishnavi Patel nous livre une épopée d’Asie du Sud pleine de cœur, portée par un fabuleux personnage. Kaikeyi est complexe et c’est un bonheur d’être témoin de son évolution à travers le récit, la voir découvrir comment elle peut voir et peut-être influencer les relations qu’elle entretient avec son entourage, mais aussi les moments où elle choisit de ne pas utiliser son pouvoir. Kaikeyi est aussi queer, avec une forte identité asexuelle et aromantique. Bien que les mots ne soient pas utilisés, évidemment, c’est merveilleux de lire un tel portrait d’une femme et de ses relations familiales.


Voici une épopée à échelle individuelle, dans laquelle on observe les évènements politiques à la fois de l’extérieur et de l’intérieur, étant invité à scruter les jeux d’influence au sein du palais royal. Il est aussi question de religion, de la manière dont les personnages respectent les divinités, mais peuvent également remettre en question les interprétations faites par des hommes qui cherchent leur propre profit.


Il y a un vent de tragique dans ce roman, car comme avec les réécritures de mythe, on a une idée de la direction que va prendre l’histoire. Cela n’enlève cependant rien à la fascination qu’il y a à suivre ces personnages dont l’autrice qui révèle des aspects de la personnalité n’apparaissant pas dans la plupart des versions des mythes.


Le livre est posé sur une table en bois, à côté d’une écharpe beige à motifs en tapons et d’un bouquet de fleurs séchées.

The Appendix, Liam Konemann · 2021


En 2019, Liam Konemann a entrepris de noter tous les cas de transphobie qu’il rencontrait en ligne sans les chercher. De manière peu surprenante, il y en avait énormément. Il prévoyait de mener cette expérience pendant trois mois et de publier les résultats sous le titre “L’Appendice”, mais pour des raisons variées il abandonna avant cette échéance. Le livre qu’il publie sous le titre “L’Appendice” est une réflexion sur ce qui l’a mené à cette idée, comment il l’a vécu et pourquoi il a fini par se concentrer sur la joie trans plutôt que la transphobie.


Ce livre très court et très accessible est ma première percée dans la série des 404 Inklings et ce ne sera pas la dernière. L’auteur est très honnête sur son processus, et s’assure de toujours citer ses sources pour qu’il n’y ait aucun doute sur la quantité de haine à laquelle sont soumises les personnes trans au quotidien. Il prend aussi garde de signaler son statut de personne blanche, privilégiée, et “male-passing”.


Je pense que son livre est plus pertinent pour des lecteurices cisgenres, étant donné que les multiples cas de transphobie relatés ici peuvent être difficiles à supporter. C’est un livre très précieux qui confronte des idées fausses et répond à des questions que des personnes qui ne sont pas au fait de la transidentité peuvent poser, mais il requiert quand même un minimum de connaissances sur le sujet. Ce serait étrange de dire que j’ai passé un bon moment avec cet essai, mais il y a des passages réjouissants sur la joie trans, après les passages très factuels sur la transphobie. Je le recommande chaudement dans tous les cas.


Avertissements listés en début d’ouvrage : homophobie, meurtre, viol, agression sexuelle, transphobie.


Le livre est ouvert à la page de titre, sur une couverture à carreaux aux tons automnaux. Un pins en forme d’arc-en-ciel est coincé sur un angle du livre.

Histoires de la mer, illustré par Maggie Chiang · 2022


Ce livre merveilleusement illustré rassemble des contes du monde entier sur le thème de la mer. Je l’ai acheté pour offrir à mes neveux, après l’avoir feuilleté et être tombée sous le charme des illustrations de Maggie Chiang, à la fois minimalistes et évocatrices.


Les contes qui forment ce recueil sont très variés, à la fois en termes de longueur et de provenance géographique. J’ai adoré le premier, un conte arménien où la princesse se sauve elle-même et sauve d’autres femmes par la même occasion. Les derniers contes m’ont également plu, mais malheureusement j’ai eu plus de mal avec la plupart des autres. Il faut dire que je ne suis pas une grande amatrice de contes, car je trouve souvent la prose trop lapidaire. Je n’ai pas le temps de me plonger dans l’ambiance, et les personnages ne sont pas fouillés - ce qui est entièrement normal pour un conte car sa portée est très différente de celle d’un roman. J’ai également les dents qui grincent quand je lis des histoires où les femmes sont soit des prix remis au héros masculin méritant, soit des monstres à abattre. Ce recueil n’a pas vocation à réécrire ces contes mais à les proposer tels quels, issus de traditions très variées. Il a donc de la valeur en tant que tel, et si je n’en suis pas le lectorat cible, eh bien ce n’est pas grave.


Le livre est posé sur un guéridon avec un bouquet de fleurs séchées, devant un rideau gris à motifs.

A Magic Steeped in Poison, Judy I. Lin · 2023


Ning est l’apprentie de son père, médecin, tandis que sa sœur Shu suit les enseignements de leur mère et se prépare à devenir shénnóng-tú, étudiante en magie du thé. C’est alors qu’un thé, préparé à partir des briques distribuées par l’empereur à tous ses sujets, tue la mère de Ning et Shu et laisse cette dernière dans un état proche de la mort. Bien que Ning ait pratiqué la magie du thé aux côtés de sa sœur, elle est impuissante à la sauver. Son seul espoir est d’attirer l’attention du palais impérial et de s’assurer les services d’un médecin royal. Pour cela, Ning s’inscrit au concours pour devenir la future shénnóng-shī de l’impératrice, sa maîtresse de thé.


Ce roman de fantasy à hauts enjeux, inspiré de la culture chinoise, est facile à aimer. Avec une héroïne entêtée dévouée à sa famille, une magie centrée sur le thé et une compétition de thé, on n’a pas de temps à perdre. Les chapitres s’enchaînent sans relâche. J’ai adoré que l’autrice prenne quand même le temps d’introduire une multitude de détails sur la culture (les vêtements, l’architecture et les traditions) et l’art du thé. Le mélange obtenu est un récit accompli, à la fois intense, fun et réfléchi. Comme d’habitude, la touche de romance m’a laissée indifférente, mais j’y suis habituée et je ne blâme pas l’autrice pour cela.


A savoir avant d’entamer cette lecture : c’est le premier tome d’une duologie, et la fin vous donnera envie de vous ruer sur le deuxième.


AC : mort d’un parent, sexisme, classisme.


Une main blanche tient une liseuse montrant la couverture du livre devant un mur couvert de lierre.


Tonnerre après les ruines, Floriane Soulas · 2023


Livre envoyé par la maison d’édition via NetGalley.


J’avais peur de lire ce livre. Et ma peur était justifiée. Alors, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Ce livre est un chef-d’œuvre. Ce livre a aussi nécessité que je me fasse une tisane gingembre-citron-thym-menthe pour lutter contre la nausée qu’il a suscité en moi. J’ai aussi bénéficié des encouragements d’ami.e.s qui ont vécu en direct ma lecture des derniers chapitres.


Floriane Soulas mérite tous les câlins qu’elle acceptera, et aussi une thérapie. Je prendrai peut-être une tranche de thérapie aussi.


Comment commencer à parler de ce livre? Faisons factuel.


Tonnerre après les ruines est un roman post-apocalyptique brutal. Lottie et Férale y survivent comme elles peuvent, l’une vaccinée contre les maladies qui ravagent les survivants, l’autre affectée d’une variante de la rage jaune qui ne l’a pas tuée mais l’a transformée. Elles gagnent leur vie comme mercenaires, protégeant des caravanes dont elles partagent la vie pendant quelques semaines avant de reprendre leur propre route, jusqu’au jour où Férale entend parler de Tonnerre et des médecins qui y travailleraient sur un antidote. Lottie refuse d’y retourner pour des raisons qu’elle n’explique pas, mais se plie finalement à la volonté de celle qui est comme sa fille. A Tonnerre, elles découvrent un niveau d’inhumanité qu’elles ne croisaient pas dans les étendues sauvages des plaines où tout concourt pourtant à tuer les gens qui y errent.


Ce roman se place aux côtés de La Cinquième Saison de N.K. Jemisin et de Notre Part de Nuit de Mariana Enríquez, mais il pousse l’horreur encore plus loin, ce que je ne pensais pas possible. Là où Mariana Enríquez suggérait beaucoup, Floriane Soulas nous prend par la nuque et nous plonge le nez dans l’horreur. On n’échappe pas aux détails les plus révoltants, mais on ne peut pas non plus s’empêcher de continuer à lire ce récit mené d’une main de maître(sse). Car cette violence inouïe sert un propos puissant sur la monstruosité et l’aliénation, sur l’autonomie et les moyens d’accomplir un projet qui dépasse celles et ceux qui s’y consacrent.


A Tonnerre, l’insoutenable s’inscrit dans les corps, et en particulier les corps féminins. Mais je remercie profondément l’autrice de ne jamais sexualiser cette violence. C’est peut-être le seul répit qu’elle nous accorde au fil de ses pages toutes plus épouvantables les unes que les autres. Et je dis ça avec le plus grand respect pour Floriane Soulas et son travail. Encore une fois, ce livre est un chef-d’œuvre. Mais par pitié, si vous avez le moindre doute sur votre capacité à encaisser, passez votre tour.


AC : body horror, violence, mort d’enfants, maladie terminale, mort d’animaux, crise de panique, grossesse forcée, mortinatalité, anthropophagie, automutilation, eugénisme, scènes médicales traumatisantes.


Une liseuse montrant la couverture du livre est posée devant une rangée de livres anciens reliés de cuir avec détails dorés.

L’Art de la Fiction, David Lodge · 1992 (1996)


Pendant un an, au début des années 1990, David Lodge a tenu une rubrique hebdomadaire sur l’art d’écrire, dans un journal. Ce livre rassemble ses articles, parfois réécrits, corrigés ou étendus. Chacun est introduit par une citation d’un roman américain ou britannique (cela étant la spécialité de l’auteur qui est universitaire autant que romancier). L’écrivain développe ensuite un thème spécifique pertinent selon l’extrait choisi, par exemple le suspense, le point de vue, les listes, le réalisme magique, etc. Le format très court de chaque section ne se prête pas à des développements en profondeur, mais cela permet de bonnes introductions et pourra encourager les lecteurices qui sont aussi auteurices à se poser les bonnes questions. J’ai apprécié que chaque réflection était introduite par un paragraphe tiré d’un roman publié, de sorte qu’on trouve toujours un bon équilibre entre théorie et pratique.


Bien que j’ai trouvé ce livre assez superficiel, j’ai apprécié la variété des thèmes et la manière dont on est encouragé à se faire notre propre idée.


Le livre est posé sur un fond sombre, entouré d’autres livres sur l’écriture, de feuilles mortes et de tranches d’orange séchée.

Light in Gaza : Writings Born of Fire, édité par Jehad Abusalim, Jennifer Bing, and Mike Merryman-Lotze · 2022


Ce recueil rassemble des essais et des poèmes par des auteurices palestinien.ne.s à propos de la Palestine. Ce sont des textes nuancés et référencés sur le passé, le présent et le futur de ce territoire, dans une variété de domaines : l’agriculture, les réseaux sociaux, l’architecture, l’éthique, l’intelligence artificielle, l’éducation, la politique bien sûr, etc. Certains essais sont plus autobiographiques que d’autres, et décrivent avec des mots simples la réalité de la vie à Gaza, en particulier depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. Les poèmes traitent de ces sujets en quelques lignes directes et sincères.


J’ai trouvé ce livre important, bien référencé et accessible. La maison d’édition le propose gratuitement, et je le recommande chaudement pour un portrait de la société de Gaza très différent de celui tracé par les médias occidentaux.


Ce livre a été publié en 2022, et la plupart des textes datent de 2021, donc il ne prend pas en compte les évènements atroces dont nous sommes témoins en ce moment. Cependant, il apporte un contexte nécessaire à la violence coloniale et au génocide perpétré par Israël, et envisage des futurs possibles pour Gaza en fonction des réactions de la communauté internationale. C’est à la fois une lettre d’amour à la culture et à la résilience de Gaza, et un appel à l’aide.


AC : colonisation, violence coloniale, violence policière, génocide.


Une liseuse montrant la couverture du livre est entourée de dahlias en fleurs et en boutons.

Fées de lait et stèles d’argent, Alice Lathuillière · 2023


Ce quatrième volume de l’opération Chronopages suit Kalos, le satyre sculpteur, pris d’une mélancolie dont il va chercher la source loin des créatures qui peuplent son quotidien, au Nord où vivent les fragiles fées.


Ce court texte absolument foisonnant est d’une lecture exigeante, mais qui récompense au centuple les efforts pour y plonger. Je l’ai trouvé absolument superbe, et me suis délectée de chaque mot soigneusement soupesé et choisi par l’autrice.


Pour la petite histoire, je l’ai lu pendant un jour un peu chaotique, où j’étais souvent interrompue dans ma lecture, et je me suis trouvée à le recommencer plusieurs fois. Eh bien j’ai découvert de nouveaux détails à chaque retour en arrière. Malgré son format tout petit, ce bijou promet de nouveaux délices à chaque revisite.


Le livret est posé sur une table en bois, près d’un photophore en forme de lotus et d’un carnet à spirale. Sa couverture est illustrée d’une statue cristalline.

Un Étranger en Olondre, Sofia Samatar · 2013 (2022)


Jevick naît sur une île que la littérature n’a pas touchée, et grandit entre plantations de poivre et de thé. Son père voyage régulièrement vers Olondre pour vendre leur production, et bientôt c’est à Jevick de prendre le relais. Là-bas, dans l’étourdissement de la nouveauté, Jevick découvre les livres et la persistance des histoires qui y survivent après la mort de la personne les ayant écrites. Il se lance un peu malgré lui en quête d’un fantôme, et des mille et une histoires qui accompagneront son périple.


Ce roman superbement écrit se lit comme un classique. Il se présente comme un roman d’apprentissage avant d’évoluer vers quelque chose de plus méta, faute d’autre mot. Les récits s’y entremêlent et s’y tissent, s’y recoupent et s’y superposent jusqu’à l’étourdissement. Par moment, si je ne prenais pas garde et si je laissais ma concentration s’échapper, je ne savais plus où je me trouvais : dans le récit principal, celui de Jevick, ou dans un des contes qu’il entend ? Cela a fait de ma lecture une expérience proche du rêve, où les contours ne sont pas tout à fait figés et où l’imprévu peut surgir à chaque page. Toujours, la beauté des phrases me ramenait à ma lecture. Je pense que ce livre mérite plusieurs revisites, et je vais m’assurer de lui faire une place de choix dans ma bibliothèque jusqu’à notre prochain rendez-vous.


Le livre est posé sur un guéridon de bois sombre, devant un bouquet de fleurs séchées.


Christmas Days, Jeanette Winterson · 2016


Le sous-titre de ce livre dit tout : “12 histoires et 12 festins pour 12 jours”. Vous y trouverez 12 nouvelles de la plus charmante à la plus frissonnante, et 12 recettes plus ou moins vagues pour vous aider à convoquer un esprit festif sans trop de difficultés dans les 12 jours entre le 25 décembre et le 5 janvier.


Ce livre est un régal ! Les histoires trouvent un bon équilibre de ton et d’atmosphère, et les recettes sont saupoudrées d’anecdotes personnelles et de réflexions de l’autrice. J’ai même noté quelques phrases, comme ce passage : “When I am climbing, I understand that gravity exists to protect us from our lightness of being, in the same way that time is what shields us from eternity”. (“Quand j’escalade, je comprends que la gravité existe pour nous protéger de la légèreté de nos êtres, de la même manière que le temps est ce qui nous protège de l’éternité”.)


Je n’ai pas beaucoup à ajouter à propos de ce recueil, si ce n’est qu’il fournit une lecture de saison appropriée, et que son format court le rend parfait pour les jours parfois chaotiques de la fin de l’année.


Une main blanche tient un exemplaire du livre, à la couverture noire et blanche, devant un arbre décoré.

Les Sœurs Hiver, Jolan C. Bertand · 2022


C’est ma nouvelle tradition de relire ce roman jeunesse la dernière semaine de l’année. Il est hivernal, inclusif, queer, profond et enfantin à la fois comme le sont les meilleurs romans jeunesse, parle de dépression avec un tact fou, et s’accompagne d’illustrations enchanteuses. Que demander de plus?

Le livre est posé sur une couverture en polaire.


Le livre est posé sur une couverture en polaire.


Les Carnets de Cornélius Renard, Mickaël Brun-Arnaud, illustré par Sanoe · 2023


Ce jour d’automne s’annonçait comme les autres, sauf qu’Archibald Renard est évincé de sa chère librairie. Célestin Loup affirme que sa famille est en réalité propriétaire de l’établissement et qu’Archibald doit quitter les lieux au plus vite. La mort dans l’âme, celui-ci fait ses valises, mais en fouillant parmi ses effets personnels il découvre un message de son grand-père Cornélius, fondateur de la librairie, qui a rédigé ses mémoires dans une série de carnets où se cache la vérité. Archibald et son neveu Bartholomé se lancent en quête des souvenirs de Cornélius pour faire toute la lumière sur le passé.


Une fois de plus, Mickaël Brun-Arnaud livre une histoire profondément touchante, qui aborde des thèmes difficiles avec une tendresse infinie. Après l’été du premier tome, on est plongé ici dans les ors et les fauves de l’automne pour mieux explorer les secrets d’un passé aussi doux que tragique. Sanoe, quant à elle, n’a pas son pareil pour orner les pages d’illustrations aux couleurs chatoyantes et dans lesquelles on voudrait bien se lover.


Encore une belle découverte avec la suite de cette série, que je conseille chaudement aux jeunes comme aux moins jeunes.


AC : mort de proches, tentative de suicide.


Le livre, aux couleurs automnales, est encadré par des pieds revêtus de chaussettes jaunes moutarde à motifs de chats.

 

Pour des avis plus fréquents sur mes lectures, je vous invite à aller faire un tour sur mon compte Instagram (il n’est pas obligatoire de s’inscrire) : https://www.instagram.com/mariebrunelm/.


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