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Bilan lecture - Janvier 2024

C'est l'heure du premier bilan lecture de 2024 ! L'année a commencé en fanfare avec un immense coup de cœur. J'ai enchaîné avec une liste de titres établie à l'avance car j'ai repris le défi #LisonsCettePaL (en particulier sur Instagram). J'ai allègrement associé des livres qui attendaient sur mon chariot à livres avec les différentes catégories du défi, et j'y ai mêlé quelques titres numériques pour ne pas oublier ma liseuse dans laquelle dorment beaucoup de romans que je n'ai pas sous les yeux et donc auxquels je pense moins.


Babel, R.F. Kuang · 2022


Un avertissement, pour commencer : aucun compliment ne peut rendre justice à ce chef-d'œuvre.


J’ai ressenti Babel comme le livre ultime. Il est captivant, émouvant, beau, invite à réfléchir et se révèle fouillé mais pas complexe. C’était le livre parfait pour moi à ce moment de ma vie. Je suis ravie de l’avoir lu, triste de l’avoir terminé. C’était sûrement le livre que j’attendais le plus de 2022 et 2023 réunis, ce qui explique le temps qu’il m’a fallu pour me décider à le commencer. Et aussi parce que je n’avais pas trouvé d’exemplaire lors de ma visite à Oxford en 2022, donc j’ai attendu d’y retourner un an après pour le format poche. Je suis ce genre de personne. Mais, retour au livre.


Le récit s’ouvre d’une manière faussement classique, et annonce très vite le ton : il y est question des différents types de violence perpétrés par le colonialisme. Babel est, en son cœur, un roman d’apprentissage, un genre dont je me lasse sauf quand il est exécuté parfaitement.


On y rencontre Robin Swift, né à Canton et très tôt enlevé à ses proches mourants pour être élevé en Angleterre par un bienfaiteur déterminé à faire entrer Robin dans Babel, l’Institut Royal de Traduction. Robin est nourri de langues, encouragé à pratiquer sa langue natale et, malgré le racisme ambiant, pousse les portes de l’institution la plus prestigieuse d’Oxford. Il y découvre peu à peu le travail de l’argent et de la magie, fondée sur la traduction, qui irrigue chaque aspect de la vie anglaise. Il y découvre aussi l’amitié et la confiance grâce à ses trois compagnons de promotion, un étudiant et deux étudiantes triées sur le volet. Peu à peu, il découvre le côté peu reluisant de cette grande entreprise anglaise de traduction : comment le colonialisme suce le sang des peuples et des cultures étrangers, combien tout est lié dans ce réseau de privilèges et de racisme.


Ce roman est brillant et éclairant tout autant qu’il est limpide. Il s’appuie sur des recherches profondes menées par son autrice, et sur sa connaissance de la vie à Oxford en tant qu’étudiante, mais tout ce condensé d’information, en partie fiction, en partie réalité révoltante, est servi au lectorat à travers un récit palpitant et des personnages à qui on voudrait offrir le monde, ainsi que des notes de bas de page réjouissantes. Il propose une plongée dans les mécaniques de la violence coloniale à travers le prisme de la dark academia, un genre qui donne ses meilleurs fruits lorsqu’il s’attaque aux privilèges et pose la question de qui a accès à la connaissance et qui rédige les livres de référence.


Je pourrais continuer encore et encore, mais on entrerait dans le territoire du divulgâchage, donc je m’arrête là.


En résumé : j’ai consommé ce livre comme un chat consommerait de l’herbe à chat et oui, j’ai pleuré à la fin.


AC : racisme, colonialisme, pensées suicidaires, violence policière, armes à feu, guerre, injures raciales, sexisme.


Le livre est entouré d’autres livres à l’air ancien, de tranches d’orange séchée et de pommes de pin.

Petit éloge de la douceur, Stéphane Audeguy · 2007


Ce petit abécédaire sur le thème de la douceur promettait d'être assez charmant. Il invite à réfléchir sur la place de la douceur dans tout un tas de notions, mais ne définit jamais vraiment ce qu'il entend par “douceur”, ce qui, en bonne doctorante que je suis, me turlupine : comment parler de ce qui n'est pas défini? Je me suis aussi longuement interrogée sur la nécessité de consacrer trois notices à la pornographie, et sur la raison pour laquelle l’auteur ne se référait qu'à d’autres auteurs masculins, et jamais des autrices.


Heureusement, j'ai trouvé certaines notices très bienvenues, comme celle qui regrette que la volonté de réalisme de la littérature et du cinéma s’attache exclusivement à ce qu'il y a de plus triste et gris dans la réalité. Je reste néanmoins un peu déconcertée et pas franchement convaincue par ce petit essai.


Le livre est ouvert à la page de titre, et posé sur une couverture dans des tons de gris et de prune.

Roses are Red, Violet is Dead, Morgan Spellman · 2024


Exemplaire numérique envoyé par l’autrice.


Cette suite de Say I Boo est tout aussi agréable que le premier tome ! Dans celui-ci, on retrouve Abby Spector, chasseuse de fantômes qui est appelée à l’aide. Sam, membre de la famille d’Abby, travaille dans une auberge connue pour être hantée. Cependant, les fantômes sont distinctement moins sympas, ces derniers temps. Des messages effrayants sont laissés sur les murs ou les vitres, suggérant des intentions néfastes, et avec le dîner de la Saint-Valentin qui approche, ainsi qu’une auberge concurrente, Sam doit s’assurer que les clients ne courent aucun danger.


J’apprécie vraiment l’équilibre que Morgan Spellman trouve avec cette série. On y a la bonne dose de cosy, la bonne dose de mystère, saupoudrés d’une touche de romance et de sentiments profonds. Abby se débat toujours avec son deuil, et j’aime que l’autrice n’imagine pas une solution miracle qui implique qu’à la fin du livre, tout va bien et Abby peut chevaucher vers le soleil couchant avec sa nouvelle conquête. Non, ça ne se passe pas ainsi. Derrière l’atmosphère enjouée, ce livre ne nie pas les difficultés de ses personnages.


AC : deuil, mort, incendie.


Une liseuse montrant la couverture illustrée du livre est posée sur une pile de livres à l’air ancien, sur une table en bois près d’un brin de rose séché. Un tissu à motifs aux tons chauds occupe l’arrière-plan.

The Absolute Book, Elizabeth Knox · 2019


L’alchimie livresque est une chose étrange. Parfois, un livre coche toutes les cases mais la magie n’opère pas. Parfois, un livre donne envie de passer son chemin, et pourtant il offre des réflexions qui vous touchent tant qu’il semble avoir été écrit pour vous. The Absolute Book appartient au premier cas. Il m’a été recommandé par des lectrices dont je tiens l’opinion en haute estime, et depuis la quatrième jusqu’à l’illustration de couverture, il sonnait comme un livre pour moi. J’ai d’abord essayé de le lire à l’été 2022 et je l’ai abandonné. A l’échelle des phrases, j’avais du mal à comprendre qui faisait quoi et ce qui se passait. J’ai rejeté la faute sur ma concentration qui était fragile. Et puis vient 2024. Je regarde mon chariot à lire en vue du défi #LisonsCettePaL. Je repère ce livre qui m’intimide depuis un an et demi, et qui prend beaucoup de place sur ce chariot. Il est temps de découvrir si nous sommes faits pour nous entendre.

Et il se trouve que non. Je ne comprends toujours pas en détail ce qui se passe. Je fais des efforts, et je saisis les grandes lignes, mais rien de plus. C’est plutôt pertinent, pour un livre dans lequel certaines choses sont difficiles à percevoir, et des personnages marchent entre les mondes. Cette fois-ci, je l’ai terminé, ce roman. C’est tout ce que je peux en dire. Et ce n’est pas grave.


AC : mort de proches, deuil, incendie.


Le livre est posé à l’avant d’une étagère de bibliothèque.


Meander, Spiral, Explode, Jane Alison · 2019


Le sous-titre de cet essai dit tout : “schémas et motifs dans la narration”. Jane Alison explore la manière dont des auteurices prennent inspiration, consciemment ou non, de motifs naturels pour structurer leurs histoires. Plus précisément, l’autrice observe des motifs différents de la vague classique ou de la structure en trois actes qui implique une vague progressive, un climax et une chute, qui est une manière plutôt phallocentrée de construire une structure narrative et, surtout, pas la seule. Alison dirige son regard vers des vaguelettes plutôt qu’une vague, des spirales, des motifs cellulaires ou en méandres. Elle prend abondamment exemple sur des romans ou des nouvelles chez des auteurices varié.e.s. J’étais particulièrement enthousiaste quand elle a illustré le motif de la fractale dans Cloud Atlas de David Mitchell, un livre que j’avais beaucoup aimé à l’époque et que je compte relire (mais je ne suis pas exactement convaincue de l’analyse d’Alison, d’où l’intérêt de relire le roman puis ce qu’elle en dit).


Je dirais que ce livre est écrit du point de vue d’une lectrice plus que d’une autrice, ou plutôt qu’il n’est pas conçu comme un manuel de narratologie. Il ouvre des perspectives et suggère des façons de faire sans donner des outils comme le font d’autres livres sur l’écriture. J’ai souligné plusieurs passages sur lesquels méditer, et je recommande ce livre comme un excellent point de départ, à lire par exemple au sein d’un groupe d’écriture.


Une liseuse montrant la couverture du livre est adossée à une pile de livres dont le dos est tourné vers l’arrière. Une branche d’eucalyptus séché complète la composition.

Plaisirs gustatifs, collectif · 2023


Voilà un recueil dont j’aurais aimé faire partie. J’avais littéralement le projet d’envoyer une nouvelle car le thème “littérature, cuisine et queerness” parlait à mon cœur, et puis l’inspiration n’a pas frappé. Elle était visiblement occupée à visiter les auteurices de ce recueil grâce à qui j’ai passé un excellent moment. Il y a un peu de tous les genres ici : du contemporain, de la fantasy, de l’anticipation et du fantastique, et surtout beaucoup de cœur. Du fait de la ligne éditoriale d’Yby, chaque nouvelle baigne dans l’inclusivité, et chacune est illustrée par un.e artiste différent.e. Cela fait de ce livre un bel objet dehors comme dedans. Je ne connaissais que deux plumes de la liste, mais je suis ravie d’avoir fait connaissance avec d’autres noms que je surveillerai à l’avenir (en tout gentillesse).


AC : chaque nouvelle est introduite par ses avertissements de contenu.


Une main blanche tient un exemplaire du livre devant un buisson aux feuilles sombres.

Rouille, Floriane Soulas · 2018


Paris, 1897. Violante est arrivée depuis trois ans. Ce que sa vie était avant cela, elle n’en a aucun souvenir. Pour survivre, elle est devenue travailleuse du sexe et a grimpé les échelons de l’étrange échelle sociale dans la maison close. Elle est devenue Duchesse, une femme reconnue, dont les puissants recherchent la compagnie. La vie est suffisamment difficile comme ça, mais avec une nouvelle drogue apparue en ville et des disparitions inquiétantes, la quête des souvenirs de Violante commence à dévoiler d’étranges liens avec ce qui s’agite dans les entrailles de ce Paris steampunk.


Ne vous attendez pas à une lecture douce et douillette avec Floriane Soulas. Ses mondes sont crus et cruels, et les personnages y survivent tant bien que mal, y compris quand cela implique des choix douteux moralement parlant. La prose ne dissimule aucune des horreurs, qu’elles soient physiques ou sociales. Cela rend l’histoire palpitante. Difficile de la lâcher, quand bien même elle est inconfortable.


Etant donné le métier de l’héroïne, la violence sexuelle est l’arrière-plan de ce livre. Cependant, elle n’est pas au premier plan, ce que j’ai apprécié, et elle n’est jamais fantasmée. Elle fait partie d’une discussion plus large sur les violences faites aux corps, que l’autrice explore en long et en large dans son dernier roman, Tonnerre après les ruines. Je trouve fascinant de lire plusieurs textes d’une même plume et d’y constater combien la langue et les thèmes évoluent de titre en titre.


Ayant désormais lu le premier et le dernier roman de l’autrice, je peux chaudement les recommander, avec un avertissement cependant : ce sont des livres violents. Pourtant, cette violence n’y est jamais gratuite, et j’apprécie que, particulièrement dans Tonnerre, Floriane Soulas s’empare de cette violence comme outil pour les femmes aussi. Un outil terrible, mais pas seulement réservé aux hommes. Les romans sont censés nous faire passer un bon moment, certes, mais ils sont également censés nous faire réfléchir.


AC : violence, meurtre, blessures décrites en détail, gore, abus de drogue, sang, cruauté envers des animaux, addiction.


Le livre est posé contre une boîte en bois, à côté d’une boussole dorée.

Deux vérités, un mensonge, Sarah Pinsker · 2020


Stella aide un ami d’enfance à vider la maison de son frère décédé, quand elle pose une question en apparence innocente. Se souvient-il de l’émission de télé à laquelle ils ont participé, petits ? Oui, Marco s’en souvient. Sauf que Stella vient juste d’inventer ce souvenir.


Dans cette nouvelle qui attend sur ma liseuse depuis au moins 2020, Sarah Pinsker parvient parfaitement à créer une atmosphère déroutante. Je n’entrerai pas dans les détails de l’histoire parce qu’elle est très courte, mais si vous aimez ne pas savoir exactement où vous vous trouvez, et être déconcerté.e, foncez. Il y a pas mal d’imagerie qui pourrait être discutée longuement, et la fin et très ouverte à interprétation, ce que personnellement j’apprécie !


PS : la nouvelle est disponible en traduction dans le numéro 107 de Bifrost.


Une main blanche tient une liseuse montrant la couverture du livre devant un buisson à boutons roses.

La Séquence Aardtman, Saul Pandelakis · 2021


Roz, en 2111, est ingénieur sur un vaisseau parti explorer l’univers à la recherche de planètes à terraformer. L’équipage est constitué essentiellement d’humains, mais aussi d’un bot, et est chapeauté par une IA, Alexandre. Asha, en 2131, est une bot particulièrement intéressée par l’individualité des bots et leur expérience, notamment le rapport à leur corps. Ces deux personnages naviguent dans un monde loin d’être utopique, mais dans lequel ils s’efforcent de considérer l’autre avec le respect qu’iel mérite. Dans les vingt ans qui les ont séparés, la société a continué de se scléroser, sans que la présence des bots y soit pour grand chose. Les humains n’ont besoin de personne pour perpétuer des systèmes d’oppression. Roz et Asha, chacun.e dans son époque, invite à réfléchir à ce que c’est que d’être vivant et d’avoir un corps.


Le roman de Saul Pandelakis m’intriguait tout autant qu’il m’intimidait. Avec ses 600 pages de SF bien tassées et sa portée philosophique, je craignais de m’attaquer à un texte trop exigeant pour moi. J’avais tort, car l’auteur revient toujours à l’expérience du corps qui est parfaitement universelle, quel que soit ce corps. Ce roman en est à la fois une célébration et une expérience de sa diversité. Ce sont de multiples corps qui sont mis en scène à travers les pages : des corps humains, bots, valides, handicapés, gros, noirs, cis, trans, etc. On suit principalement les points de vue de Roz et d’Asha, mais ceux-ci sont entrecoupés d’interludes où l’on suit des personnages annexes dont le parcours est d’une importance qui se laisse deviner parfois immédiatement, parfois plus tard, mais qui crée toujours ce sentiment si plaisant de “ah, ça vient de là / ceci est lié à cela de telle manière”.


La Séquence Aardtman incarne ce que j’aime le plus dans la SF : celle qui interroge l’expérience humaine. Oui, il est question de technologie et en particulier de lignes de code, mais il s’agit surtout d’explorer comment la technologie influe sur notre expérience du monde et nos relations interpersonnelles.


Rep : personnages principaux trans, PS asexuel, PS en fauteuil.


AC : mort, scène de sexe explicite.


Une liseuse montrant la couverture du livre est posée sur un tapis à motifs géométriques beiges.


Le Faiseur de Rêves, Laini Taylor · 2017


Le Faiseur de Rêves de Laini Taylor est un roman de fantasy fantasque, créatif et sombre tout en même temps. Sombre, en ce qu’il traite de thèmes difficiles (voir les avertissements de contenu). Fantasque et créatif, en ce que le décor est surprenant et la magie prend des formes très variées.


On suit Lazlo Lestrange, un orphelin élevé dans une bibliothèque et destiné à passer sa vie entre les rayonnages, à pourvoir aux besoins des érudits sans jamais être traité comme l’un des leurs. Lentement mais sûrement, Lazlo rassemble toutes les bribes d’information qu’il peut trouver sur la cité de Désolation, dont le vrai nom a échappé à sa langue et à sa mémoire la première fois qu’il l’a rencontré. Le secret derrière cet acte de magie le hante, et il est déterminé à en apprendre plus, quand une opportunité unique se présente et une délégation venue de Désolation se présente aux portes de sa ville.

Sarai est la rejeton d’un dieu, née d’une douleur innommable et vouée à vivre cachée du reste du monde avec ses frères et sœurs, si proches de Désolation mais si loin. Enfermée dans sa citadelle, elle ne peut visiter la ville qu’à travers les papillons de nuit qui incarnent son pouvoir et lui permettent de s’infiltrer dans les rêves des dormeurs et dormeuses, invisible, inconnue. Jusqu’au jour où un garçon la voit.


Je comprends que ce livre soit tant aimé de ses fans, et qu’il puisse leur briser le cœur. Il est rempli de désir et de rage, d’amour et de trahison, de honte et de secrets. Malheureusement, on est partis du mauvais pied, lui et moi, car il coche des cases qui me font grincer des dents. Ce n’est pas contre le livre ou son autrice, c’est juste personnel. Ensuite, ce livre m’a fait l’effet de ceux d’Erin Morgenstern, en ce qu’il est très imaginatif et visuel, et étant donné que je n’ai pas d’imagination visuelle, j’avais du mal à saisir l’univers. Je n’arrivais pas à sentir l’atmosphère du livre, et ça m’a posé problème pendant ma lecture. Je suis même passée à la traduction française à mi-chemin (merci la bibliothèque !), et ça m’a aidée à le finir. J’aurais pu l’abandonner purement et simplement, c’est vrai, mais ce n’était pas un mauvais livre donc cela me frustrait de ne pas le finir alors qu’il était dans ma liste de souhait depuis si longtemps.


Je vous le recommande si vous aimez Le Cirque des Rêves et La Mer sans Etoiles (que je veux relire) et si vous êtes prêt.e.s à ce que votre cœur soit brisé en petits morceaux, notamment par la romance. Elle m’a laissée plutôt indifférente, mais je voyais le potentiel.


AC : mort d’enfants, sang, mention de grossesse forcée et de viol.


Une liseuse montrant la couverture du livre est posée sur une racine devant un mur couvert de lierre.

 

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